Qui est à risque?

Les sportifs sont à risque de faire des commotions cérébrales de par la nature de leur sport. Ce qui les caractérise par rapport à la population générale, c’est qu’ils sont susceptibles d’en subir plusieurs parce qu’ils désirent retourner le plus rapidement possible à leur passion.

Si vous pratiquez un sport de combat comme la boxe, vous êtes sans surprise à risque de commotions cérébrales.

Si vous pratiquez un sport d’équipe impliquant de la rapidité et un contact possible entre joueurs, vous êtes à risque de faire une commotion cérébrale. Plusieurs sports entrent dans cette définition. Sans surprise le football arrive au premier rang des sports d’équipe à risque pour les commotions cérébrales. Presqu’à égalité vient le hockey et non loin derrière le soccer et le rugby.

Si vous pratiquez un sport avec risque de chute comme le vélo, le ski ou le cheerleading, vous êtes aussi à risque.

Les jeunes sont plus à risque que les adultes. Les filles sont plus à risque que les gars.

Peu importe le sport pratiqué le risque est présent. Il faut donc être attentif aux causes possibles de commotion, savoir reconnaître les signes et savoir quoi faire si ça nous arrive.

C’est quoi une commotion cérébrale? Définition, cause, signes et symptômes.

Bien qu’à l’étroit, le cerveau n’est pas fixe dans le crâne. Il garde une certaine mobilité, car il baigne dans le liquide céphalo-rachidien. La commotion cérébrale se produit lorsqu’une force externe cause un mouvement rapide et violent de la tête qui a pour conséquence que le cerveau se heurte contre la paroi de la boîte crânienne. L’impact n’a pas à être directement à la tête, il peut être au corps pourvu que la force du coup lui soit transmis.

Comme des mouvements brusques et non contrôlés de la tête peuvent causer les commotions, les collisions non-anticipées sont les plus dangereuses. Le joueur qui plaque voit venir le coup et prépare son corps à l’impact en rentrant sa tête et raidissant son cou et ses épaules ce qui diminue le mouvement de la tête et ainsi les risques de commotion. En général, les joueurs en attaque sont plus susceptibles d’avoir des commotions, car ils ne voient pas le coup arriver.

Comme le casque n’empêche pas le cerveau de se heurter contre la boîte crânienne, il ne peut pas empêcher les commotions. Il protège, cependant, des traumatismes crâniens plus graves

Une commotion cérébrale est un traumatisme crânien léger. Le traumatisme léger a comme particularité d’être indétectable par les tests d’imagerie conventionnels comme les scans. En se heurtant à la boîte crânienne, le cerveau subit une compression et une déformation temporaire, qui entraîne un important dérèglement dans ses fonctions, sans pour autant qu’il y ait des dommages sérieux à sa structure. Les perturbations sont plutôt de nature chimique.

Comme il n’existe pas de test précis pour diagnostiquer les commotions cérébrales, la contribution de la personne touchée est essentielle pour effectuer un diagnostic. Si la personne ignore ses symptômes et ne les déclarent pas, la commotion peut passer inaperçue et ne pas être comptabilisée. On considère d’ailleurs qu’un grand nombre de commotions cérébrales demeurent non déclarées. Cela rend difficile d’obtenir des statistiques fiables sur le nombre de commotions dans les équipes sportives.

Il n’y a pas de test diagnostic sanguin ou d’imagerie (radiographie, scan) pour diagnostiquer une commotion. Le diagnostic se fait à l’aide d’un questionnaire, le SCAT5, qui combine des évaluations physiques et des questions de mémoire. Le test doit être fait par un professionnel de la santé.

Les signes et symptômes

Il est faux de croire qu’il faut perdre connaissance pour faire une commotion. En fait, moins de 10% des athlètes subissant une commotion vont avoir une perte de conscience. Le tableau suivant compile les signes les plus fréquemment ressentis. Ils varient d’une personne à l’autre. Les signes de commotions peuvent apparaître jusqu’à 48 heures après l’impact. Un athlète sur 5 ressentira ses premiers symptômes jusqu’à 24 heures après l’impact.

SIGNES%
Mal de tête85,5
Étourdissement64,6
Trouble de concentration47,8
Confusion, désorientation39,5
Vision floue39,5
Sensibilité à la lumière30,9
Fatigue27
Nausée24,9
Amnésie20,2
Perte de connaissance5 à 9
Signes et symptôme suite à une commotion cérébrale rapporté par les athlètes

Que faire en cas de commotion?

Lors des matchs ou des pratiques, les soigneurs devraient être responsables de mettre en place le protocole de gestion des commotions cérébrales. Ce protocole est suggéré par le Ministère de l’Éducation du Québec et décrit comment gérer les cas suspects de commotion.

Si un joueur présente des symptômes de commotion (observés ou rapportés), s’il a subi un impact direct à la tête ou un coup ayant entraîné un mouvement brusque de la tête; il faut le retirer de l’activité. Le soigneur doit alors consigner les signes dans un formulaire (SCAT3). Cela inclus des observations et des questions faciles (ex. Est-ce qu’on mène? Où sommes-nous?) pour évaluer l’état physique et mental du joueur. Cela permet aussi de documenter son état et ainsi de mieux évaluer son évolution. Même si le joueur se sent bien et répond correctement aux questions, il ne devrait pas retourner au jeu, car les symptômes peuvent prendre jusqu’à 48 heures à apparaître.

Si le joueur n’a toujours aucun symptôme après 48 heures, il peut retourner au jeu ou à des activités à risque.

Si le joueur présente des symptômes de commotion, il doit amorcer une période de repos initial et consulter un médecin. Le repos initial doit durer au minimum 48 heures. Durant cette période, il faut limiter au maximum les activités intellectuelles et physiques.

Si après 48 heures de repos les symptômes diminuent, on peut amorcer la reprise graduelle des activités intellectuelles et sportives. Premièrement, on reprend les activités intellectuelles (télévision, lecture par période de 15 à 20 minutes). S’il n’y pas d’augmentation des symptômes, on peut reprendre des activités intellectuelles plus structurées (activités scolaires). Avant de reprendre complètement la routine scolaire, il faut qu’il y ait disparition des symptômes.

On peut en parallèle, tout de suite après le repos initial, commencer à faire des faire des exercices légers (vélo, marche rapide, course lente). Si après 24 heures, il n’y a pas d’aggravation des symptômes on peut reprendre l’entraînement individuel sans contact. Si après 24 heures, il n’y a pas d’aggravation des symptômes on peut reprendre l’entraînement avec un coéquipier sans contact.

Pour passer à l’étape suivante, l’entraînement physique en équipe sans contact, il faut que tous les symptômes aient disparus et que l’activité intellectuelle soit reprise complètement.

Avant de reprendre les pratiques en équipe avec contact, il faut une évaluation médicale. Si 24 heures après la pratique les symptômes ne sont pas revenus, on peut reprendre la compétition.

Le temps pour traverser toutes ces étapes peut être variables d’un cas à l’autre. On considère, qu’en moyenne, les signes seront complètement disparus en 10 à 14 jours.

S’il n’y a pas d’amélioration significative au bout de 10 jours, il faut consulter à nouveau un médecin.

Pourquoi faut-il prendre ça au sérieux? Conséquences à court et long terme.

Pourquoi est-il si important de détecter les commotions, même s’il n’y a pas de traitement? Il est essentiel de comprendre que le repos est un traitement. Il permet au cerveau de retrouver son équilibre et de guérir. Un joueur qui retourne au jeu trop rapidement est plus susceptible de faire une autre commotion, car son cerveau est fragilisé et ses réflexes et de son équilibre ne seront pas optimaux.

Les jeunes de moins de 25 ans peuvent subir le syndrome du second impact. Bien que rare, il s’agit d’un évènement catastrophique. Ce phénomène peut survenir quand un joueur commotionné et non guéri subit un autre impact à la tête. Le cerveau déjà débalancé est alors incapable de réguler sa pression intracrânienne cérébrale ce qui entraîne une enflure du cerveau subite et souvent mortelle.

Le fait d’avoir une deuxième commotion augmente les probabilités que la guérison soit plus longue et que les symptômes persistent au-delà de deux semaines. Cela peut aussi se transformer en syndrome post-commotionnel.

Des symptômes prolongés après une commotion caractérisent le syndrome post-commotionnel. Environ 10% des athlètes ont des signes et symptômes qui persistent au-delà de deux semaines. On observe la présence prolongée d’au moins 3 de ces signes : mal de tête, vertiges, fatigue, irritabilité, insomnie, difficulté de concentration ou problème de mémoire. Le fait d’avoir fait plus d’une commotion cérébrale augmente le risque d’avoir le syndrome post-commotionnel. Les symptômes du syndrome post-commotionnel pourraient être confondus avec ceux de la dépression.

Le cerveau ne guérit jamais complètement d’une commotion. Il s’adapte. Après une ou même 2 commotions le cerveau arrive généralement à compenser complètement, et ainsi il n’y aura aucune séquelle fonctionnelle. Après 3 commotions ou plus, il est probable que la personne présente des troubles persistants de mémoire ou des problèmes de concentration.

Les commotions cérébrales multiples et à répétitions semblent prédisposer à l’encéphalite traumatique chronique. Il s’agit d’une maladie dégénérative progressive du cerveau.  Il n’y a pas de traitement.  C’est une maladie dégénérative irréversible.  Les personnes atteintes présentent les signes suivants: Troubles de l’humeur (dépression, irritabilité, et/ou désespoir), anomalies comportementales (impulsivité, explosivité, et/ou agression), déficience cognitive ( troubles de la mémoire, dysfonctionnement exécutif, et/ou démence) et anomalies motrices (parkinson, ataxie)